dimanche 17 juillet 2016

Ses yeux rieurs

La promenade des Anglais, Nice, le 24 juin 2016, vers 15h. Photo: Mathieu Bédard


Hier nous y étions. Enfin pas hier mais presque. C’était le 24 juin dernier. Antoine marchait lentement le long de la promenade en me demandant pourquoi nous n’avions pas apporté nos serviettes et maillots. Il faisait chaud, mais une brise de la Corse adoucissait le moment. Il regardait les uns jouer au volleyball de plage, puis les autres, prélassés, exposés au soleil intense. Aucun nuage dans le ciel. En croisant la zone destinée à diverses activités de l’Euro 2016, nous nous sommes arrêtés pour regarder jouer des jeunes à une version minimaliste du foot, dans un mini-terrain entouré d’un filet, aménagé pour l’événement. Ils étaient hallucinants de talent. Ensuite nous avons mangé un sorbet chez Fenocchio, mangue et fruit de la passion pour lui, citron et pêche de vigne pour moi. En traversant la vieille ville pour nous rendre au sommet du parc du Château, où se tenait un rassemblement de la gauche, nous nous sommes arrêtés dans un petit parc escarpé pour boire un peu d’eau à l’ombre. Un itinérant dormait paisiblement sur le banc d’à côté. Plus loin, deux femmes voilées laissaient leurs enfants s’amuser à courir après les pigeons. Antoine m’a rappelé qu’il aimait faire ça quand il était petit. Que parfois l’envie lui revenait de se sentir souverain de ces usines à déjection qui abiment tant les statues. Rendus au sommet, il a joué avec plusieurs enfants dans un plus grand parc, s’amusant à escalader cette immense toile d’araignée dont la cime était atteignable, mais non sans effort. Il m’envoyait régulièrement la main pour que je témoigne de son ascension et que nous gardions le contact. À quelques mètres de là, j’ai pris des photos du port et, par la suite, en me rendant de l’autre côté du jeu, j’ai capté la promenade des Anglais, où nous déambulions quelques instants plus tôt. Elle s’allongeait maintenant jusqu’à l’aéroport, bordée de plages de galets qui semblaient désormais du sable fin, tellement nous étions loin. La vie était parfaite. Elle le redeviendra. 

Ma génération n’a jamais connu la guerre. En fait, ma génération n’a pas connu grand chose. Peut-être est-ce pour ça que ses ténors ne savent que critiquer, englués dans une mécanique stérile de dérision, de cynisme et de simplification. 

Après une bonne heure à gravir des jeux et à prendre des photos, nous sommes redescendus directement vers le bord de mer et avons rejoint notre petite Polo stationnée sous le Méridien, à une quinzaine de minutes de marche. Nous avons encore été médusés pendant de longues minutes par les joueurs de foot, d’autres jeunes tout aussi talentueux. Une mosaïque au profit du plaisir. Le foot était clairement leur religion. 

Ni les bombes, ni l’amour, en fait, rien n’y peut. Cette envie de tout détruire est humaine. Les cycles se succèdent depuis des millénaires. Est-ce normal qu’un parfait idiot se retrouve candidat à la présidence américaine, acclamé par des millions d’invertébrés qui désirent eux aussi tout casser? Probablement. Le temps nous amènera inlassablement à la fin de ce cycle, qui semble s’amorcer. J’espère de tout coeur me tromper, mais j’ai comme une impression, une forte impression, qu’après ce cycle, dans une décennie ou deux ou trois, ma génération et la «Y» et celle de mon fils auront finalement connu la guerre ou son équivalent. Et là, les ténors d’aujourd’hui, désormais exposés à la vie, fermeront enfin leur grande gueule, convaincus qu’ils ne savaient rien. 

En revenant à notre quartier général, à une heure de Nice, nous nous sommes baignés dans l’immense piscine désertée du complexe rococo où était situé notre petit appartement. Je vous jure que si jamais tout s’écroule, c’est au souvenir de ses yeux rieurs, à ce moment précis, dans lequel je voudrai sombrer pour le reste de ma vie.

Mathieu

mardi 31 mai 2016

Un m(art)di avec Jean-Pierre Larocque

Chez Camden, l’art occupe une place prédominante. Comme nous l’avons mentionné à plusieurs reprises, ici, , ou encore juste ici, Camden s’inspire de l’énergie de plusieurs artistes, acteurs sur différentes scènes : musique, peinture, art de rue, photographie, et bien d’autres. Il y a quelques jours, un nouvel artiste est venu se joindre à Amy Winehouse, Jean-Michel Basquiat, Kurt Kobain, Riopelle et les autres… Il s’agit de Jean-Pierre Larocque.




Jean-Pierre Larocque
Peintre et sculpteur québécois, Jean-Pierre Larocque est né à Montréal en 1953. Au cours des années 1970, il a suivi une formation en dessin et en gravure à l’UQÀM. Il a également passé quelque temps à l’Université Concordia, pour se consacrer à la céramique avant de se rendre à New York, à l’Université Alfred, où il a obtenu sa maîtrise. Ouvert sur le monde, Jean-Pierre Larocque a vécu aux États-Unis durant plus de 10 ans et a voyagé de nombreuses fois en Europe et en Asie. En 2006, il a inauguré le nouveau Gardiner Museum of Ceramics de Toronto avec son exposition Trapping Shadows. Aujourd’hui, Jean-Pierre Larocque vit et travaille à Montréal.



L’œuvre
Après de longues minutes de bataille serrée lors d’un encan, Camden repart avec cette toile sans titre, créée en 1996. Cette oeuvre originale de 31 x 44 pouces, réalisée à partir de gouaches noire, grise et blanche, ainsi que de pastels secs et de crayon, est un autoportrait de l’artiste, un peu à la manière de Diego Vélasquez dans son tableau Les Ménines. Ici, Jean-Pierre Larocque y joue le double rôle de directeur de cirque et de dompteur, capable de diriger un tigre à sauter au travers d’un cerceau.


Ce nouveau tableau a trouvé sa place sur les murs des bureaux ouverts de l’agence, près de la salle de création. En quelque sorte, cette oeuvre rejoint l’essence et l’énergie de Camden. Elle représente un véritable concentré d’idées, en noir et blanc, qui laisse place à l’imagination et à l’interprétation. En vivant avec elle au quotidien, notre façon de la percevoir évoluera. Nous sommes fiers et heureux de compter cette oeuvre parmi notre collection.


Qui sera le prochain artiste à nous rejoindre? On se donne rendez-vous dans quelques semaines!


Alena

vendredi 27 mai 2016

Mes maux de mots

Les mots. Ils font partie de mon quotidien, mais aussi du vôtre. D’une manière ou d’une autre, les mots touchent tous les humains de notre planète. Qu’ils soient légers ou lourds, longs ou courts, aimés ou détestés : ils font partie intégrante de la nature humaine. Ils ont droit, eux aussi, à un billet de blogue.

Chaque jour, je reçois par courriel un mot du dictionnaire français. C’est un peu comme un cadeau. Il y a quelques semaines, nous avons passé, avec mes amis rédacteurs (presque aussi malades que moi – salut, les potes !), toute une soirée à essayer d’utiliser l’adjectif « homérique », qui avait été déposé quelques heures plus tôt dans ma boite courriel. Il nous a accompagnés une bonne partie de la soirée, le considérant comme un camarade que l’on pouvait aider dans sa quête de succès. C’est fabuleux, tout ce qu’on peut faire avec un mot.
Au risque de passer pour une folle à lier, oui, j’aime les mots. Je les aime d’amour. Pas tous, bien entendu. Certains manquent d’élégance ou semblent broyer du noir sans raison. Ceux-là, j’évite de les côtoyer. Si j’avais le pouvoir de les changer, de leur donner la vénusté qu’ils méritent, je le ferais.
Quelques exemples : glaire, croûte, purulent, broc, coercitif, excrément… Bref, c’est assez.
Contrairement à ces derniers, d’autres mots embellissent tout ce qu’ils touchent. Certains atteignent même le Graal de pouvoir rendre beau un mot disgracieux. Ceux-là sont des durs à cuire.


Exemple concret :
-       Beau mot : Aquarelle  
-       Mot disgracieux : Grotesque
Aquarelle grotesque. Bravo « Aquarelle », tu es sûrement la Miss Univers des mots.
Parfois utiles, parfois inutiles; peu importe les opportunités qui se présenteront à eux, les mots sont faits pour être partagés. Alors, voici une brève liste de mots inusités, que je trouve intéressants :
  • Entéléchie (n. f.) : Chez Aristote, terme réalisé par l'acte, qui ne renferme plus aucun devenir. Chez Leibniz, entité qui jouit de toute la perfection dont elle est capable de par sa nature.
  • Gnomique (adj.) : Qui exprime des vérités morales sous forme de proverbes ou de maximes. Se dit d'une forme verbale (temps, mode) servant à marquer un fait général d'expérience. (Le présent peut avoir une valeur gnomique : La Terre tourne autour du Soleil.)
  • Implexe (adj.) : Se dit d'un ouvrage littéraire à l'intrigue très compliquée.
  • Inique (ajd.) : Qui manque à l'équité, qui est contraire à la justice.
  • Sérendipité (n. f.) : Capacité, art de faire une découverte, scientifique notamment, par hasard ; la découverte ainsi faite.
  • Zététique (n. f.) : Méthode philosophique qui consiste à rechercher la solution d'un problème en le supposant résolu et en remontant de cette solution jusqu'aux termes initiaux en vérifiant le bien-fondé de chaque étape.


Pour finir, je vous présente ma meilleure amie des mots. La combinaison parfaite de deux mots de la langue française. L’union la plus cute; la plus agréable à écrire, à lire, à dire et à attendre : biscuit tendre. Biscuit tendre. Biscuit tendre.


Alena
Source des définitions : www.larousse.fr

mardi 24 mai 2016

Le conquérant



La conquête de la passion sur l’indifférence. De l’intelligence sur l’indigence. De la beauté sur l’horreur. De l’authenticité montréalaise sur la frivolité cannoise. Il était là, devant une foule immunisée à la réelle sensibilité, à rendre hommage à Jean-Luc Lagarde, puis au grand costumier François Barbeau, dans une ambiance teintée d’indifférence. Il a finalement cité Anatole France. Ses émotions semblaient, telles de puissantes éruptions volcaniques, projeter au loin dans la salle une quête rendue réalité. Mais la foule demeurait centrée sur ses robes et costards trop chers, peinant à applaudir. Il fallait un gagnant plus vieux. Un film plus retenu. Il fallait revenir à la raison. Le fallait-il?


En regardant sa longue entrevue sur le plateau exceptionnellement cannois de l’émission On n’est pas couché, donnée une journée plus tôt, j’ai vu un homme maniéré au possible. Troublé. Angoissé. Dont la privation évidente de sommeil tronquait sa perception de la réalité. Il souriait, mais sa douleur d’avoir été liquéfié la veille par les critiques américaines rendait ses interventions moins éloquentes qu’à l’habitude. Il faut savoir ce que c’est que de se faire annuler à la dernière minute une succession d’entrevues avec les médias de l’Oncle Sam, qui avaient décrété à l’unisson que son nouvel opus était littéralement une merde à éviter. Il était atteint, blessé, mais il reviendrait.


Alors quand il a fait ce discours de victoire vibrant, j’ai lu de nombreux commentaires. Qu’il était triste, car il n’avait pas gagné la Palme. Qu’il n’était qu’un petit prétentieux subventionné. J’ai lu des tonnes de choses : plusieurs dithyrambiques, mais trop, toujours trop de jalousie, de rancoeur, de méchanceté. Dans une société fragmentée sur l’axe identitaire, divisée sur sa définition du progrès, salie par la dichotomie entre sa métropole et ses régions, nous avions devant nous, à des milliers de kilomètres, au centre de la Planète cinéma, l’un des nôtres qui conquérait. Il gagnait là où jamais nous n’avions gagné auparavant. Et en peuple adolescent que nous sommes, plusieurs le rabrouaient. Xavier Dolan incarnait à ce moment précis ce que nous sommes incapables de faire collectivement : gagner. J’espère qu’un jour il ne sera plus seul.

Mathieu

vendredi 20 mai 2016

Le chalet





"We are of the earth
To her we do return
The future is inside us
It's not somewhere else"


- The Numbers, A Moon Shaped Pool, Radiohead



Radiohead, c’est mon chalet isolé du reste du monde. Un chalet dont on possède les clés, mais dont on vient parfois à oublier l’existence, trop scotché dans le Zeitgeist d’une époque qui ne donne de répit personne. Il y a une dizaine de jours, mon chalet s’est forcé à ma mémoire. Un nouvel album sortait. Le premier en cinq ans. Un titre énigmatique : A Moon Shaped Pool. Ma posture psychologique était rébarbative au premier abord, et là c’est un euphémisme, car je m’étais lassé solide des expérimentations amplifiées sur The King of Limbs. J’étais seul, en fin d’après-midi, par un dimanche où je me résumais à n’être qu’un végétal assumé. Et quand j’ai entamé l’écoute, bien à l’horizontale sur mon divan, j’ai su que je pouvais enfin retourner à mon chalet, devant un lac immense, seul, porté par différentes vagues.


Peu d’artistes possèdent ce don de se retirer de l’énergie ambiante, pour ensuite nous bombarder de leurs propres faisceaux. Peu d’artistes possèdent suffisamment d’indépendance et de recul pour pouvoir porter un regard si juste sur la société globale dans laquelle nous vivons. Une poignée seulement arrive à concilier leur vision de nos collectivités à celle d’un amour immersif, intuitif. Ces artistes, intemporels, sont ceux qui marquent l’histoire à grands coups de pinceaux, de riffs, de plans serrés ou de pièces bouleversantes : pour moi, ce sont Robert Lepage, Marc Séguin, David Bowie, les Beatles, PT Anderson, et oui, assurément, Radiohead. Chacun ses goûts.


Je laisserai les critiques vous faire une analyse exhaustive de chaque pièce de l’album. Mais ne manquez pas cette occasion de délaisser votre tourbillon pour un moment de récupération, de réflexion et d’émotion. Que nous fassions de la publicité ou autre chose, nous avons trop souvent tendance à oublier ce que nous sommes vraiment, quelle place nous occupons sur cette terre et quelles libertés foisonnent encore en nous. Et là, comme ça, un album arrive et nous aide à mieux nous débrancher pour mieux nous réaliser ensuite. Pour moi c’est A Moon Shaped Pool. Je vous souhaite de trouver le vôtre.

Mathieu

mardi 17 mai 2016

Un m(art)di avec Jean-Paul Riopelle

Peintre montréalais des années 40, Jean-Paul Riopelle est l’un des plus grands artistes canadiens du XXe siècle. Son œuvre est un témoignage de la modernité, une ode à la liberté.
Artiste ouvert sur le monde, ses pinceaux et ses idées ont voyagé du surréalisme à l’abstraction et ont notamment fait escale à New York et à Paris. En France, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, son style évolue intensément et il passe du temps à expérimenter de nombreuses techniques de peinture : application de plusieurs couches de matière s’apparentant à la sculpture, projection de filaments de peinture ou encore application de la peinture au moyen de couteaux.
C’est primé de nombreuses fois que Riopelle part pour un autre monde, à l’aube du printemps 2002.
J’ai entendu parler de Riopelle pour la première fois il n’y pas si longtemps. Bien qu’il ait passé quelque temps à Paris, ne me jugez pas, cela fait partie de ma phase d’acculturation.
Ce jour-là, je me baladais avec mon chum au centre-ville de Montréal. Je ne sais pas pourquoi, mais en passant Place Jean-Paul-Riopelle, mes yeux se sont posés sur le panneau du nom de la rue. Puis, pensant tendre un piège énigmatique à mon professeur particulier du Québec, je lui ai demandé « Tu sais qui c’est Riopelle ? ».
Je crois qu’il s’est retenu d’être offusqué.

Le plus incroyable dans tout ça, c’est que quelques semaines plus tard, en arrivant à l’agence, mon nouvel ami Jean-Paul était là. Presque en chair et en os. À peine eus-je le temps de faire couler quelques gouttes de café dans ma tasse immaculée que Mathieu me lança, excité comme un enfant le jour de Noël : « Viens dans la salle de création ! »
19 x 13 pouces de Riopelle se tenaient là, aux côtés de la silhouette de Nina Simone.
Je ne me suis pas retenue d’être ébahie.

 

Ses couleurs, ses formes, son énergie, son rythme : c’est comme si ce tableau était fait pour être là où il est aujourd’hui. Son environnement est adapté au nôtre. Notre environnement est adapté au sien. Le fit parfait.


Ainsi, depuis plusieurs semaines, notre belle salle de création revêt les couleurs d’une œuvre originale de Jean-Paul Riopelle. Un tableau issu d’une série prénommée Teddy Bear, qui a vu le jour en 1972.


« Quand on se met devant une toile vierge pour peindre, on renie toutes les toiles qu’on a faites avant. Sinon, à quoi bon ? »
Cette déclaration de Riopelle est pleine de vérité, et s’applique tout aussi bien à ce qu’on vit en création publicitaire. La page blanche, celle à qui on peut donner le sens qu’on veut, offre des possibilités infinies. Là réside toute sa beauté. Riopelle nous aurait-il inspirés depuis qu’il s’installe avec nous en brainstorm ? À en croire le dynamisme grandissant de Camden ces dernières semaines, peut-être…
Alena

mercredi 11 mai 2016

Le point tournant




Il y a eu un élément déclencheur : la refonte du modèle d’entreprise de l’agence, amorcée timidement en 2011, puis amplifiée depuis l’acquisition de l’agence par Marie-Michèle et moi fin 2013.


Ensuite, il y a eu une accélération marquée de la croissance, depuis janvier 2014. Et là, soyons clairs, ça n’arrive pas tout seul une accélération. Ça prend des efforts entêtés de développement, des dizaines de rendez-vous, l’acceptation du rejet plus souvent qu’on ne le voudrait; ça prend des alliés qui nous aident à faire des ponts avec des organisations, ça prend la force de bien expliquer ce que nous sommes, fois après fois, et surtout, ça requiert une équipe qui donne tout ce qu’elle a dans le ventre. Ça prend beaucoup.


Puis, il y a eu une constatation : notre modèle d’entreprise et notre équipe réussissent là où d’autres se plantent. Notre potentiel de croissance est tangible. Et là, tout de suite, il y a eu planification : idéation de notre nouvelle identité, déménagement, naissance de la marque Camden, amplification du développement et des embauches (quand vous pensez que vous ne pouvez en faire plus, détrompez-vous, c’est que vous n’êtes qu’à 50 % de vos capacités); puis établissement d’un calendrier qui nous mènera à l’entreprise que nous désirons construire, mon associée géniale et moi. Dans ce calendrier, il y avait différents jalons et différentes notions : niveaux de revenus, nombre d’employés par secteur, croissance organique, développement et un dernier point, très risqué, qui ne s’improvise pas, une acquisition.


Alors, en janvier dernier, nous nous sommes lancés. Nous avons déterminé des critères et des paramètres gagnants. Nous avons consulté des experts, des amis, notre entourage, notre équipe et nous avons finalement lancé quelques perches. Soyons honnêtes : nos espoirs étaient limités. Nous n’avions aucune idée du comment ça se passerait sur le plancher des vaches. Mais ça s’est passé drôlement vite. Et quand je vous dis vite, je veux dire à la vitesse grand V. Les cheveux dans le vent, à deux cents à l’heure sur l’autoroute de nos rêves. Une première rencontre avec une entreprise intéressante et des étincelles. Puis une autre avec les deux associés. Un accord de confidentialité. L’analyse complète du projet. Puis en quelques semaines à peine : une offre. Ensuite la négociation, la poutine légale et la mobilisation de toute l’équipe pour que cette idée devienne notre nouvelle réalité.


Or, cette nouvelle réalité, c’est un joyau du design, de la communication graphique et du Web qui se joint à Camden. CGCOM (autrefois Charpentier Garneau Communications) n’est pas une startup. C’est du vrai. Plus de trente ans à faire du beau, sur une base constante. Ce sont deux associés fidèles depuis le début et une équipe dont le noyau a survécu aux modes et aux époques. Et pour durer, dans ce monde intraitable et trop souvent ingrat, ça prend plus que du talent : il faut avoir du chien, de la volonté, une vision claire et beaucoup d’efforts. Alors cette nouvelle réalité s’inscrit absolument dans l’ADN de Camden. Ça nous permet ensemble de faire plus, d’offrir plus. Ça nous rend encore meilleurs. Ça bonifie notre culture d’entreprise. Ça amène dans le giron de Camden des nouveaux clients qui ne perdront pas la magie et la qualité à laquelle ils ont toujours eu droit. Ça enrichit ce qui sera l’assise des prochaines étapes de notre évolution, qui nous mèneront à l’atteinte de notre rêve, à Marie-Michèle et moi. Un rêve devenu celui d’un groupe, d’une gang, soudée comme jamais.


Ce moment est un point tournant : c’est la concrétisation d’une partie d’un plan, c’est un accélérateur d’idéal. Les prochains mois seront palpitants, mais demanderont beaucoup de tous, tant sur le plan humain que professionnel. Car même si la bibitte humaine est programmée pour s’adapter, le changement demeure toujours un enjeu. Mais nous tenterons d’en profiter à chaque moment en demeurant conscients de tous les défis qui nous guettent. Jamais nous ne tiendrons pour acquise la situation enviable dans laquelle nous sommes actuellement. Personnellement, je continuerai à alimenter ce que j’appelle ma « saine paranoïa », qui consiste à constamment craindre la chute, pour que chaque jour nous déployions l’énergie nécessaire pour continuer l’accélération.


N’empêche, ce moment est spécial. Bienvenue à la gang de CGCOM. On vous aime déjà. Nous ne sommes plus qu’un, mais tout un !

Mathieu

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