mardi 24 mai 2016

Le conquérant



La conquête de la passion sur l’indifférence. De l’intelligence sur l’indigence. De la beauté sur l’horreur. De l’authenticité montréalaise sur la frivolité cannoise. Il était là, devant une foule immunisée à la réelle sensibilité, à rendre hommage à Jean-Luc Lagarde, puis au grand costumier François Barbeau, dans une ambiance teintée d’indifférence. Il a finalement cité Anatole France. Ses émotions semblaient, telles de puissantes éruptions volcaniques, projeter au loin dans la salle une quête rendue réalité. Mais la foule demeurait centrée sur ses robes et costards trop chers, peinant à applaudir. Il fallait un gagnant plus vieux. Un film plus retenu. Il fallait revenir à la raison. Le fallait-il?


En regardant sa longue entrevue sur le plateau exceptionnellement cannois de l’émission On n’est pas couché, donnée une journée plus tôt, j’ai vu un homme maniéré au possible. Troublé. Angoissé. Dont la privation évidente de sommeil tronquait sa perception de la réalité. Il souriait, mais sa douleur d’avoir été liquéfié la veille par les critiques américaines rendait ses interventions moins éloquentes qu’à l’habitude. Il faut savoir ce que c’est que de se faire annuler à la dernière minute une succession d’entrevues avec les médias de l’Oncle Sam, qui avaient décrété à l’unisson que son nouvel opus était littéralement une merde à éviter. Il était atteint, blessé, mais il reviendrait.


Alors quand il a fait ce discours de victoire vibrant, j’ai lu de nombreux commentaires. Qu’il était triste, car il n’avait pas gagné la Palme. Qu’il n’était qu’un petit prétentieux subventionné. J’ai lu des tonnes de choses : plusieurs dithyrambiques, mais trop, toujours trop de jalousie, de rancoeur, de méchanceté. Dans une société fragmentée sur l’axe identitaire, divisée sur sa définition du progrès, salie par la dichotomie entre sa métropole et ses régions, nous avions devant nous, à des milliers de kilomètres, au centre de la Planète cinéma, l’un des nôtres qui conquérait. Il gagnait là où jamais nous n’avions gagné auparavant. Et en peuple adolescent que nous sommes, plusieurs le rabrouaient. Xavier Dolan incarnait à ce moment précis ce que nous sommes incapables de faire collectivement : gagner. J’espère qu’un jour il ne sera plus seul.

Mathieu

vendredi 20 mai 2016

Le chalet





"We are of the earth
To her we do return
The future is inside us
It's not somewhere else"


- The Numbers, A Moon Shaped Pool, Radiohead



Radiohead, c’est mon chalet isolé du reste du monde. Un chalet dont on possède les clés, mais dont on vient parfois à oublier l’existence, trop scotché dans le Zeitgeist d’une époque qui ne donne de répit personne. Il y a une dizaine de jours, mon chalet s’est forcé à ma mémoire. Un nouvel album sortait. Le premier en cinq ans. Un titre énigmatique : A Moon Shaped Pool. Ma posture psychologique était rébarbative au premier abord, et là c’est un euphémisme, car je m’étais lassé solide des expérimentations amplifiées sur The King of Limbs. J’étais seul, en fin d’après-midi, par un dimanche où je me résumais à n’être qu’un végétal assumé. Et quand j’ai entamé l’écoute, bien à l’horizontale sur mon divan, j’ai su que je pouvais enfin retourner à mon chalet, devant un lac immense, seul, porté par différentes vagues.


Peu d’artistes possèdent ce don de se retirer de l’énergie ambiante, pour ensuite nous bombarder de leurs propres faisceaux. Peu d’artistes possèdent suffisamment d’indépendance et de recul pour pouvoir porter un regard si juste sur la société globale dans laquelle nous vivons. Une poignée seulement arrive à concilier leur vision de nos collectivités à celle d’un amour immersif, intuitif. Ces artistes, intemporels, sont ceux qui marquent l’histoire à grands coups de pinceaux, de riffs, de plans serrés ou de pièces bouleversantes : pour moi, ce sont Robert Lepage, Marc Séguin, David Bowie, les Beatles, PT Anderson, et oui, assurément, Radiohead. Chacun ses goûts.


Je laisserai les critiques vous faire une analyse exhaustive de chaque pièce de l’album. Mais ne manquez pas cette occasion de délaisser votre tourbillon pour un moment de récupération, de réflexion et d’émotion. Que nous fassions de la publicité ou autre chose, nous avons trop souvent tendance à oublier ce que nous sommes vraiment, quelle place nous occupons sur cette terre et quelles libertés foisonnent encore en nous. Et là, comme ça, un album arrive et nous aide à mieux nous débrancher pour mieux nous réaliser ensuite. Pour moi c’est A Moon Shaped Pool. Je vous souhaite de trouver le vôtre.

Mathieu

mardi 17 mai 2016

Un m(art)di avec Jean-Paul Riopelle

Peintre montréalais des années 40, Jean-Paul Riopelle est l’un des plus grands artistes canadiens du XXe siècle. Son œuvre est un témoignage de la modernité, une ode à la liberté.
Artiste ouvert sur le monde, ses pinceaux et ses idées ont voyagé du surréalisme à l’abstraction et ont notamment fait escale à New York et à Paris. En France, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, son style évolue intensément et il passe du temps à expérimenter de nombreuses techniques de peinture : application de plusieurs couches de matière s’apparentant à la sculpture, projection de filaments de peinture ou encore application de la peinture au moyen de couteaux.
C’est primé de nombreuses fois que Riopelle part pour un autre monde, à l’aube du printemps 2002.
J’ai entendu parler de Riopelle pour la première fois il n’y pas si longtemps. Bien qu’il ait passé quelque temps à Paris, ne me jugez pas, cela fait partie de ma phase d’acculturation.
Ce jour-là, je me baladais avec mon chum au centre-ville de Montréal. Je ne sais pas pourquoi, mais en passant Place Jean-Paul-Riopelle, mes yeux se sont posés sur le panneau du nom de la rue. Puis, pensant tendre un piège énigmatique à mon professeur particulier du Québec, je lui ai demandé « Tu sais qui c’est Riopelle ? ».
Je crois qu’il s’est retenu d’être offusqué.

Le plus incroyable dans tout ça, c’est que quelques semaines plus tard, en arrivant à l’agence, mon nouvel ami Jean-Paul était là. Presque en chair et en os. À peine eus-je le temps de faire couler quelques gouttes de café dans ma tasse immaculée que Mathieu me lança, excité comme un enfant le jour de Noël : « Viens dans la salle de création ! »
19 x 13 pouces de Riopelle se tenaient là, aux côtés de la silhouette de Nina Simone.
Je ne me suis pas retenue d’être ébahie.

 

Ses couleurs, ses formes, son énergie, son rythme : c’est comme si ce tableau était fait pour être là où il est aujourd’hui. Son environnement est adapté au nôtre. Notre environnement est adapté au sien. Le fit parfait.


Ainsi, depuis plusieurs semaines, notre belle salle de création revêt les couleurs d’une œuvre originale de Jean-Paul Riopelle. Un tableau issu d’une série prénommée Teddy Bear, qui a vu le jour en 1972.


« Quand on se met devant une toile vierge pour peindre, on renie toutes les toiles qu’on a faites avant. Sinon, à quoi bon ? »
Cette déclaration de Riopelle est pleine de vérité, et s’applique tout aussi bien à ce qu’on vit en création publicitaire. La page blanche, celle à qui on peut donner le sens qu’on veut, offre des possibilités infinies. Là réside toute sa beauté. Riopelle nous aurait-il inspirés depuis qu’il s’installe avec nous en brainstorm ? À en croire le dynamisme grandissant de Camden ces dernières semaines, peut-être…
Alena

mercredi 11 mai 2016

Le point tournant




Il y a eu un élément déclencheur : la refonte du modèle d’entreprise de l’agence, amorcée timidement en 2011, puis amplifiée depuis l’acquisition de l’agence par Marie-Michèle et moi fin 2013.


Ensuite, il y a eu une accélération marquée de la croissance, depuis janvier 2014. Et là, soyons clairs, ça n’arrive pas tout seul une accélération. Ça prend des efforts entêtés de développement, des dizaines de rendez-vous, l’acceptation du rejet plus souvent qu’on ne le voudrait; ça prend des alliés qui nous aident à faire des ponts avec des organisations, ça prend la force de bien expliquer ce que nous sommes, fois après fois, et surtout, ça requiert une équipe qui donne tout ce qu’elle a dans le ventre. Ça prend beaucoup.


Puis, il y a eu une constatation : notre modèle d’entreprise et notre équipe réussissent là où d’autres se plantent. Notre potentiel de croissance est tangible. Et là, tout de suite, il y a eu planification : idéation de notre nouvelle identité, déménagement, naissance de la marque Camden, amplification du développement et des embauches (quand vous pensez que vous ne pouvez en faire plus, détrompez-vous, c’est que vous n’êtes qu’à 50 % de vos capacités); puis établissement d’un calendrier qui nous mènera à l’entreprise que nous désirons construire, mon associée géniale et moi. Dans ce calendrier, il y avait différents jalons et différentes notions : niveaux de revenus, nombre d’employés par secteur, croissance organique, développement et un dernier point, très risqué, qui ne s’improvise pas, une acquisition.


Alors, en janvier dernier, nous nous sommes lancés. Nous avons déterminé des critères et des paramètres gagnants. Nous avons consulté des experts, des amis, notre entourage, notre équipe et nous avons finalement lancé quelques perches. Soyons honnêtes : nos espoirs étaient limités. Nous n’avions aucune idée du comment ça se passerait sur le plancher des vaches. Mais ça s’est passé drôlement vite. Et quand je vous dis vite, je veux dire à la vitesse grand V. Les cheveux dans le vent, à deux cents à l’heure sur l’autoroute de nos rêves. Une première rencontre avec une entreprise intéressante et des étincelles. Puis une autre avec les deux associés. Un accord de confidentialité. L’analyse complète du projet. Puis en quelques semaines à peine : une offre. Ensuite la négociation, la poutine légale et la mobilisation de toute l’équipe pour que cette idée devienne notre nouvelle réalité.


Or, cette nouvelle réalité, c’est un joyau du design, de la communication graphique et du Web qui se joint à Camden. CGCOM (autrefois Charpentier Garneau Communications) n’est pas une startup. C’est du vrai. Plus de trente ans à faire du beau, sur une base constante. Ce sont deux associés fidèles depuis le début et une équipe dont le noyau a survécu aux modes et aux époques. Et pour durer, dans ce monde intraitable et trop souvent ingrat, ça prend plus que du talent : il faut avoir du chien, de la volonté, une vision claire et beaucoup d’efforts. Alors cette nouvelle réalité s’inscrit absolument dans l’ADN de Camden. Ça nous permet ensemble de faire plus, d’offrir plus. Ça nous rend encore meilleurs. Ça bonifie notre culture d’entreprise. Ça amène dans le giron de Camden des nouveaux clients qui ne perdront pas la magie et la qualité à laquelle ils ont toujours eu droit. Ça enrichit ce qui sera l’assise des prochaines étapes de notre évolution, qui nous mèneront à l’atteinte de notre rêve, à Marie-Michèle et moi. Un rêve devenu celui d’un groupe, d’une gang, soudée comme jamais.


Ce moment est un point tournant : c’est la concrétisation d’une partie d’un plan, c’est un accélérateur d’idéal. Les prochains mois seront palpitants, mais demanderont beaucoup de tous, tant sur le plan humain que professionnel. Car même si la bibitte humaine est programmée pour s’adapter, le changement demeure toujours un enjeu. Mais nous tenterons d’en profiter à chaque moment en demeurant conscients de tous les défis qui nous guettent. Jamais nous ne tiendrons pour acquise la situation enviable dans laquelle nous sommes actuellement. Personnellement, je continuerai à alimenter ce que j’appelle ma « saine paranoïa », qui consiste à constamment craindre la chute, pour que chaque jour nous déployions l’énergie nécessaire pour continuer l’accélération.


N’empêche, ce moment est spécial. Bienvenue à la gang de CGCOM. On vous aime déjà. Nous ne sommes plus qu’un, mais tout un !

Mathieu

vendredi 6 mai 2016

Top 5 des titres pour chanter le printemps !


Nous l’avons attendu impatiemment, le voici, le voilà, le printemps est enfin là ! Montréal revêt son atmosphère printanière et laisse derrière elle son manteau blanc pour quelques mois d’émoi. Quoi de mieux que d’accueillir le retour des robes et des feuilles dans les arbres en musique ? Alors, voici ma petite sélection de tounes qui agiteront vos oreilles au rythme de la douceur du renouveau…

1. Love-A-Love-A-Love-A-Love-A-Love
Des mots choisis avec soin, un groove délicat et une voix singulière : réchauffez-vous avec la poésie et le rythme entrainant de Labi Siffre.



2. La Journée qui s’en vient est flambant neuve

C’est le genre de chanson qui reste dans un petit coin de votre tête toute une journée, que vous fredonnez avec joie, et dont vous ne vous lasserez pas ! Une belle découverte québécoise, à écouter sans modération - et avec pas d’casque pour en faire profiter tout le monde.



3. Time for heroes

Un classique du groupe londonien The Libertines qui vous donnera envie de marcher dans la rue au soleil, écouteurs dans les oreilles, et de simplement profiter du moment présent.


4. My Toy

La petite french touch de cette sélection est interprétée par Breakbot, DJ et compositeur d’Ed Banger Records. De la fraîcheur, du rythme, de la vie : voilà le métissage parfait juste avant l’arrivée de l’été !




5. Mind your manners

Un peu de hip-hop ensoleillé à ajouter dans votre liste de lecture du printemps. Écoutez Chiddy Bang pour commencer la journée ou durant une soirée entre amis, autour d’une bière bien fraîche.



Bonne fin de semaine et bon printemps !

Alena

mardi 3 mai 2016

Le vendu




Suis-je un vendu ? En tant que publicitaire, ne suis-je qu’un vulgaire petit vassal minable, inféodé à la machine qui bouffe les âmes ? Ne suis-je qu’un mercenaire à la solde des tendances, des vice-présidences et des objectifs trimestriels ? Ne suis-je qu’un bouffon qui fait son spectacle, sur demande, en espérant récolter un peu de pécule pour alimenter l’agence ? 

Suis-je celui qui fait la carpette quand un client potentiel lui demande, sans humanité, sans considération, scotché dans son petit pouvoir, de lui donner le fruit du travail de notre équipe sans qu’il ne daigne me dévoiler en retour ses règles du jeu ?

Non. Je ne suis pas celui-là.

Dire non, c’est le plus grand atout du publicitaire qui se respecte. Je ne parle pas ici de dire non en faisant la grosse tête, imbu de son propre talent. Je parle plutôt de dire non aux abuseurs narcissiques qui ne jouent pas franc-jeu. À l’agence, nous sommes prêts à nous défoncer à l’exposant mille pour gagner un « pitch », tant que les règles demeurent claires et que l’essence de notre travail est respectée. Nous assumons la part du risque dans le développement de nos affaires. 

Nous apprécions les gens francs, vrais, honnêtes et nous constatons quotidiennement qu’il reste assez de ce type d’individu pour qu’on vive bien. Mais le dirigeant opaque qui exige que je brade notre créativité quand lui, de son bord, ne ferait jamais le centième de ce qu’il me demande pour un de ses clients, lui, cet être emprisonné dans son ignorance, je suis vraiment tenté de mépriser sa posture psychologique. 


Mais je ne tombe pas dans le piège. Pas plus que je ne me laisse la liberté de juger son petit « standing » de parvenu inapte à réaliser le pathétique de sa cravate trop voyante ou de son utilisation compulsive d’un conditionnel indigne d’un enfant de la maternelle. Lui (ou elle, mais c’est plus souvent lui), je le laisse objectivement à son statut de roitelet du marché aux puces de St-Eustache. Et je l’abandonne à la concurrence (désolé les copines et les copains, c’est aussi ça l’économie de marché). 



Chez Camden, nous tentons de toucher l’inaccessible étoile du bon, du rentable et du beau. Je crois que la publicité peut porter une belle part de nos valeurs et transcender une quête artistique, en toute cohérence avec les marques. Nous pouvons, je l’espère vraiment, arriver à changer le visage de certains annonceurs TOUT en favorisant leur croissance. Et contrairement au vandalisme absolument inspirant de MissMe, montré en introduction, je suis convaincu que nous pouvons exploiter les médias payés, en toute légalité, en amalgamant le bien commun à l’ADN des annonceurs. 

Pas tout le temps. Peut-être pas souvent. Mais parfois oui. Et là, quand ça arrive et qu’on sent nos poils se dresser, en gang, dans la salle de conférence, en regardant en primeur le résultat final d’un message avant sa diffusion, je me dis bien égoïstement que je n’aurai peut-être jamais de yacht, comme certains dirigeants de grands réseaux d’agences, mais que cette fierté vaut cent fois plus. Car elle nous survivra.
Mathieu

jeudi 28 avril 2016

La vie pourpre

Il était 14h31, un samedi où j’apprenais encore à vivre une semaine sur deux sans mon fils. Malgré le soleil, malgré l’apparente liberté qui s’offrait à moi, malgré mes amis, malgré ma famille, malgré une agence florissante, j’étais enfermé en moi.



J’écoutais le dernier concert de Prince à Atlanta. Il avait été retrouvé sans vie deux jours auparavant dans un ascenseur. Prince mort, ramenant à ma mémoire des souvenirs de fêtes du Nouvel An en famille dans les années 80, à Ahuntsic sur la rue Berri; ramenant comme si j’y étais cette prestation de Purple Rain aux American Music Awards en 1985. J’avais 14 ans et à l’époque je ne comprenais pas pourquoi sa musique résonnait autant en moi. Il était 14h31 et j’étais à la fois en 1985 et en 2016. Ma vie était pourpre. Mon regard voilé.
Les départs de grands témoins de notre existence nous enlèvent un peu de ce que nous sommes. Ils révèlent notre propre impermanence.
Quand je suis revenu à mes esprits, une heure plus tard, j’ai compris. « I never meant to cause you any sorrow. I never meant to cause you any pain ». Aussi simple que ça. La culpabilité, la nostalgie: je suis mal conçu. Anachronique.


Prince Roger Nelson s’est immiscé dans ma vie avec son tube écorché, mais il s’y est incrusté parce qu’il refusait les compromis. Ni sur son art, ni sur son sexe, ni sur ses amours, ni sur ses amitiés. Il a chevauché le passé et redéfini une époque. Il a séduit avec ses yeux, sa voix, ses tripes et ses hanches. Sa teinte était unique. Elle m’habitera longtemps.
Mathieu


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