mardi 26 avril 2016

Un m(art)di dans la peau de Frida Kahlo

Véritable légende mexicaine habitée par la douleur et l’amour, Frida Kahlo a passé la majeure partie de son existence à caresser de nombreuses toiles à la peinture. Et si Frida délaissait un instant ses pinceaux pour la plume ? Imaginons…


Bienvenue Frida !

« Un jour d’été 1907, à Coyoacán, au Mexique, je vois pour la première fois la lumière. Bienvenue, Frida ! Un bonheur de courte durée puisque six années plus tard, mon enfance est soudainement saccagée par une maladie au nom quasi imprononçable : la poliomyélite. La jambe droite atrophiée, j’endure durant trop longtemps les moqueries de mes camarades de classe. J’ai un nouveau surnom : « Frida jambe de bois. »

« Il y a peu, quelques jours à peine, j'étais une petite fille qui marchait dans un monde de couleurs, de formes dures et tangibles. Tout n'était que mystère, tout cachait quelque chose; déchiffrer, apprendre, c'était un jeu plaisant. Si tu savais comme il est terrible de tout savoir soudain, comme si un éclair avait illuminé la terre. À présent, j'habite une planète douloureuse, transparente, comme de la glace, mais qui ne cache rien; c'est comme si j'avais tout appris en quelques secondes, d'un coup, d'un seul. »

Alors qu’on pourrait croire que la vie me laisserait un peu de répit, que le temps deviendrait mon ami, la tragédie vient, à 18 ans, heurter mon destin de plein fouet. Boum. Lors d’un accident d’autobus, mon corps est transpercé par un accoudoir de siège, ma colonne vertébrale est brisée. Et parce qu’un malheur n’arrive jamais seul, ma vie continuera d’être tachée de vicissitudes : plus de trente opérations chirurgicales, trois interruptions de grossesse et une amputation de la jambe.

L'attitude Frida !

Finalement, plus je vieillissais, plus je devenais ma propre tombe; comme tout le monde, me direz-vous ! Sauf que moi, j’avais déjà apposé des fleurs, juste là, sur ma tête. Même si je suis plus apte à supporter ma douleur qu’André Breton, celui-ci avait raison sur une chose : mon art est bel et bien « un ruban autour d’une bombe. » Contrainte à passer le plus clair de mon temps entre 4 murs, le meilleur moyen pour m’en échapper a été la peinture. En me prenant le plus souvent pour modèle, je racontais ma vie à travers des autoportraits, teintés d’évidence et de simplicité. Mes peintures sont simplement le reflet de la douleur que je me devais d’endosser. Pendant une période de ma vie, l’alcool a aussi été un allié fidèle. J’ai un jour promis à mon médecin que s’il me laissait boire de la téquila, je ne prendrais aucun verre à mon enterrement. Je savais que je tiendrais cette promesse.




Que les choses soient claires : je ne fais pas partie des surréalistes. Ce sont des « maudits intellectuels de mes deux (…), ces bons à rien. » Je n’ai jamais peint des rêves ou des cauchemars, j’ai toujours peint ma propre réalité. « J'aimerais que ma peinture et moi-même nous soyons dignes des gens auxquels j'appartiens et des idées qui me donnent de la force (...) J'aimerais que mon œuvre contribue à la lutte pour la paix et la liberté... »

Aujourd’hui, vous, qu’en pensez-vous ? Ai-je atteint mes objectifs ? Quoi qu'il en soit, je suis très heureuse d’avoir une salle qui porte mon nom et mon image chez Camden. »

Alena 

Source des citations : Frida Kahlo par Frida Kahlo : Lettres 1922-1954



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