mercredi 8 février 2012

Pas une option



Qui n'a jamais pensé, à un moment ou à un autre, d'une manière ou d'une autre, à un niveau ou à un autre, que de mettre fin à ses jours soulagerait sa douleur? Oui, cette douleur émotionnelle si intense, ancrée dans le refus de la canaliser, bloquée, cette douleur qui crispe les muscles et qui provoque l'impulsivité extrême à la soulager, peu importe comment, cette douleur qui semble si insignifiante perçue de l'extérieur mais qui avale toute l'énergie de ceux qui qui la subissent. Cette ceinture de souffrance située entre le coeur et le ventre est la plus insoutenable sensation que puisse endurer un être humain, car sa source est trop souvent floue pour celui ou celle qui la ressent, de là l'absence d'espoir. Une source tellement collée à la peau qu'il devient pratiquement impossible de se donner assez de recul pour l'identifier, la comprendre, lui donner un nom et peut-être, un jour, l'accepter et la désamorcer. C'est là que l'aide extérieure, objective, systématique, entre en ligne de compte. Ici, les proches n'y peuvent trop souvent rien. Mais un parfait étranger qualifié, professionnel, détaché, détient probablement la bougie d'allumage d'un mécanisme qui mènera le souffrant à trouver sa clé. Sa solution. Sa recette pour recommencer à respirer par le ventre, à expirer lentement, à sortir le méchant sans avoir peur du vide. Cet étranger est le psychologue.

Malheureusement, encore trop de gens qui souffrent de leurs émotions en viennent à passer à l'acte irrémédiable, le suicide, cet Hiroshima comme le dit si courageusement le père de Mathieu dans la vidéo montrée en intro, qui est signée par l'Ordre des psychologues du Québec. La campagne Pas une option, lancée par l'Association québécoise de prévention du suicide et qui s'inscrit dans le cadre de la Semaine de prévention du suicide qui se termine le 12 février, dans laquelle mon agence ou moi-même n'avons aucun intérêt, n'est pas un luxe: c'est une nécessité. Il faut en parler. Il faut y adhérer en signant en ligne sa déclaration. Il faut collectivement en faire un sujet qui dépassera la cause du mois. 

Des vies sont à sauver. Une à la fois, désamorçons ensemble ces bombes à retardement en incitant fortement, inlassablement, ceux que nous savons dépressifs et désespérés, à consulter, à demander de l'aide. La vie est plus qu'un dogme, c'est une responsabilité envers ceux qui nous aiment. C'est aussi une infinité de possibilités. Mais c'est surtout la liberté de s'affranchir de ses chaînes, lentement, un souffle à la fois.

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