dimanche 6 novembre 2011

Sept vies

Organ Donor Foundation TV commercial - 'Leila' from kirk gainsford on Vimeo.

On l'entend à tous les jours, la vie ne tient qu'à un fil. Combien de fois vous a-t-on dit cette semaine que l'important dans la vie était de vivre le moment présent? De respirer et de relativiser pour ne pas se laisser miner par le stress? Ça ne nous empêche pas de faire le contraire. Probablement pour se prouver qu'on existe vraiment et qu'en quelque part, on peut faire la différence. Les jours filent, les années aussi, hier c'était il y a 20 ans, 30 ans, et se résigner à accepter l'inévitable requiert un courage certain. Laisser aller, lâcher prise, demeure ardu. D'admettre que nous ne sommes que de passage, que d'autres prendront le relais et feront peut-être mieux que nous, sans figer dans l'angoisse, n'est pas donné à tous. Mais une chose l'est, le don d'organe. Nous pouvons tous y adhérer. Et entre temps, notre époque nous offre une merveilleuse occasion: la liberté de décupler nos vies à l'intérieur du même voyage, sept vies en une.

Le film publicitaire montré en introduction me donne la chair de poule. Une autre réussite engendrée par une agence sud-africaine. Est-ce l'adaptation en mode chorale de tube de King of Leon? La simplicité du concept? La fluidité du mouvement? Le surréalisme de la situation? C'est probablement un peu de tout ça, mais c'est plus encore. Cette publicité nous ramène à une réalité, la mort, que nous ignorons souvent en autistes compulsifs. Mais ici, la mort fait place à sept vies sauvées.

Le mois de novembre est bien entamé. On sent le froid s'installer. C'est le mois de la mort, mais c'est aussi le mois des opportunités. Pourquoi ne pas se réinventer? Car après tout, la liberté n'est pas qu'un concept, c'est ma réalité.



Kings Of Leon - Use Somebody par wonderful-life1989

mercredi 2 novembre 2011

Le nombril



La concurrence est féroce chez les organismes caritatifs pour s'accaparer l'attention de la population. Ces causes sociales sont toutes valables. L'avancement de la science et de l'accessibilité aux soins et services dépend des dons perçus. Les causes qui réussissent le mieux sont celles qui savent attendrir les coeurs et stimuler la motivation. Or, au-delà des liens qui nous unissent naturellement à une cause, que ce soit par notre expérience personnelle ou par celle d'un proche ayant vécu une épreuve, nous sommes tous sensibles à l'image que nous projetons. La campagne Movember, qui vise à sensibiliser la population au cancer de la prostate, tout en levant un maximum de fonds, joue exactement sur cette corde. Vous, messieurs, devenez la vedette de la campagne. Enfin une partie de vous, votre moustache. Vous comprendrez que cette offensive est fondée sur les sommes recueillies par des hommes qui se laissent pousser la moustache.

L'une des clés de la réussite d'une campagne de levée de fonds réside dans l'implication des grandes entreprises et de leurs milliers d'employés. Ces «micro-campagnes» dans la «méta-campagne» permettent, en stimulant la concurrence entre employés, dans un contexte ludique, de maximiser le rendement tout en diminuant les coûts de déploiement. C'est une formule gagnante pour toutes les parties prenantes: les entreprises en retirent un certain capital de sympathie en affichant leur soutien pour ladite cause au grand public par l'entremise de leurs canaux de communication, les individus sont placés sous le feu des projecteurs et l'organisme engrange un maximum de capitaux. C'est exactement ce qu'a fait la division Rickard's Quebec de la brasserie Molson Coors en lançant une compétition entre moustachus sur les médias sociaux. Sympathique, très bien fait, un bel exercice.

Tout ça est bien beau mais me laisse perplexe. Les causes «performent» souvent en fonction de leur niveau d'innovation dans une jungle médiatique encombrée. Certaines peinent à tirer leur épingle du jeu, même si elles demeurent tout aussi méritantes, tandis que d'autres recueillent plus que leur juste part du pactole. C'est au plus fort la poche. Movember a vu décupler ses appuis depuis deux ans, mais est-ce pour les bonnes raisons? Je ne crois pas. Mais il faut convenir d'une chose: c'est très habile de faire de nos moustachus des vedettes des médias sociaux en jouant sur l'image. Ça demande un minimum d'implication et ça rapporte un maximum d'exposition. Tout à l'image d'une société axée sur l'image et la quête d'une gloire instantanée. Dans ma société idéale, ces organismes seraient inutiles car le gouvernement ferait son travail. Ce n'est malheureusement pas le cas. Nous préférons le bordel actuel. Nous préférons payer moins d'impôt et choisir nos causes. Nous préférons laisser à des entreprises privées centrées sur leurs objectifs de communication le choix de financer une cause plutôt qu'une autre, au gré du vent et des modes. Nous préférons présentement les moustaches, l'an prochain ce sera peut-être autre chose. Mais au fond, ce que nous préférons vraiment, c'est de rester centrés sur notre nombril.

dimanche 30 octobre 2011

La loyauté



La loyauté n'est pas une valeur à la mode. Elle est à tort associée à la peur, à la faiblesse, à l'immobilisme. Les couples se déchirent aussi vite qu'un mouchoir jetable. Les employeurs jettent leurs employés au gré des volumes d'affaires obtenus, sans égard pour les services rendus. Les employés jouent à la chaise musicale en se donnant trop souvent l'impression d'améliorer leur sort, à tort. L'individualisme est traduit par un grand symptôme: l'impulsivité. On veux tout, tout de suite, maintenant, au risque de tourner en rond et de ne jamais rien bâtir de tangible.

Dans mon domaine, la publicité, certaines entreprises de «pseudo-placement» exploitent cette situation, c'est leur droit le plus strict, en approchant des employés fiables et compétents pour les débaucher, et en offrant aux entreprises, tant qu'elle paient, du capital humain, peu importent leurs valeurs. Pourquoi? Pour se faire un profit sur le dos de l'impatience des uns et des besoins urgents des autres, sans égards aux conséquences. Je ne parle pas ici de chasseurs de têtes professionnels, mais d'opportunistes. Et surtout, ils opèrent sans vergogne en téléphonant à certains employés
directement à leur lieu de travail, sous le nez de l'employeur. En organisant aussi des événements bidons de «réseautage», quand ce n'est pas du vulgaire et puéril «speed dating» d'embauche. On m'a déjà contacté, c'est pourquoi je connais la mécanique. C'est du cynisme à la puissance 10. De la grosse connerie qui se donne des airs de service utile en brassant de l'air inutilement. N'empêche, ils répondent à un besoin: si les gens n'embarquaient pas dans le train de l'impatience de ces grabataires cupides, le train déraillerait. Or, ce n'est visiblement pas le cas. Le train file à vive allure. Faut se comprendre, je ne suis pas dupe, la loyauté est un sentiment basé sur la réciprocité. Comme le disent nos voisins: It takes two to tango. C'est la responsabilité de chacun de communiquer ses aspirations et ses besoins pour bâtir une relation durable.

Les marques redoublent d'ardeur depuis longtemps pour fidéliser leurs clients et reconnaître la loyauté, mais la stratégie demeure souvent la même: un bon petit conditionnement pavlovien transmis sous la forme de points, de primes, d'exclusivités. Mais y-a-t-il réellement d'autres options? Non, pas vraiment. Mais parfois, certaines marques réussissent à faire un peu autrement, à sortir du lot, à disperser un peu plus qu'un écran de fumée masquant une volonté de préserver ses «chiffres» de ventes. C'est le cas de Honda avec son «Million Mile Joe», montré en introduction. Un film qui me réconforte pour plusieurs raisons. N'en demeure pas moins que la réalité rattrape rapidement la fiction: Joe n'est qu'une exception.

jeudi 27 octobre 2011

L'acte manqué

Plusieurs personnes m'ont demandé ce que je pense de la refonte de l'image de La Presse et de son grand frère web Cyberpresse. Alors voici.

Lire un journal en papier, c'est retomber dans un univers familier, dans un confort rassurant, c'est lire le présent tout en s'associant à des émotions passées. Ce qui nous lie à nos chroniqueurs préférés, à certaines sections, cette occasion d'être dans sa tête et d'entendre les textes qu'on lit, tout ça n'a rien à avoir avec la technologie ou avec une vision futuriste des choses. C'est un lien organique. Tout ce que l'on veut, c'est être bien, en paix. Ça c'est le contexte pour le journal papier et c'est une prémisse importante.

Alors quoi penser de la refonte du journal La Presse et de Cyberpresse.ca? Harmoniser les deux noms me semble une bonne idée. Le préfixe «cyber» me semblait totalement dépassé et relevant d'une pseudo mode de la fin des années 90, même si on affirme que ce n'est pas les raisons qui ont motivé ce changement. La mise à niveau des deux identités m'apparaît comme la manière la plus simple et la plus efficace d'optimiser la reconnaissance de la marque, de ses valeurs, et ce dans un contexte multiplateforme. Le portail web est plus blanc et franchement pas si mal. Je ne m'y sens pas très à l'aise mais je dois donner une chance au coureur. Les nouvelles appellations de certaines rubriques me semblent appropriées.

Pour ce qui est du nouveau logo, je crois qu'on a erré. L'ancien designer en moi comprends cette volonté d'une esthétique contemporaine, épurée, géométrique. Mais le féru en branding que je suis devenu, lui, n'y voit pas grand chose de positif. Il faut avant tout savoir se placer dans le contexte de lecture des clients, tant au niveau psychologique que sociologique. Je crois qu'on avait une merveilleuse opportunité d'offrir une imagerie porteuse de symboles, plus englobante, et surtout, différente de la concurrence. Pourquoi tomber dans le piège de l'instant présent, comme n'importe quelle entreprise obsédée par les modes, quand ce qui constitue l'ADN de notre marque est l'histoire? J'aurais volontiers emprunté la voie d'une approche graphique plus riche, en y intégrant des éléments du passé. Qui a décrété que l'histoire et la technologie ne devaient pas faire bon ménage? La technologie, c'est une forme, un moyen, aucunement lié au graphisme, qui traduit pour sa part une synthèse des attributs de la marque. Je suis d'accord avec un aménagement qui respire, avec l'harmonie, mais pas avec un exercice désincarné. Ce carré rouge ne rime à rien en ce qui me concerne. On doit avoir développé tout un argumentaire et l'avoir testé en masse, mais je n'y crois pas. C'est un déni bête d'un héritage complexe. Et ce même si la version papier disparaît en 2013 comme certaines rumeurs le laissent entendre.

Nous allons tous nous habituer à ce changement, mais une chose est claire pour moi: on a loupé une superbe occasion de s'élever au-dessus de la mêlée et de transcender les forces de la marque. Ce n'est pas dramatique, mais c'est un peu triste et malheureusement un peu trop à l'image de notre société qui valorise la forme au détriment du fond. Car le graphisme peut aussi traduire le fond quand on s'en donne la peine.




dimanche 23 octobre 2011

Ultramarde




Quand le prix du pétrole Brent, celui qu'on utilise pour nos autos, oscille, c'est rarement à notre avantage à la pompe. On a toujours une bonne explication. Un exemple? Son prix a chuté de près de 115$  à moins de 100$ le baril en septembre, tandis que le prix à la pompe, lui, est demeuré pratiquement intact. Mais quand le prix du baril augmente, alors là, pas de temps d'attente, on le gonfle illico à la pompe le mercredi ou le jeudi matin. Les pétrolières sont passées maîtres dans l'art d'étirer l'élastique de la patience du consommateur et de manipuler nos perceptions. Mais bon, soyons bon joueur, c'est aussi notre responsabilité d'acheter moins d'essence et de manipuler à notre tour la loi de l'offre et de la demande en notre faveur, si c'est possible.

J'ai payé 1,40$ le litre à la pompe hier pour de l'essence «Suprême». J'accepte sciemment de payer ce prix à une entreprise décriée depuis des lustres pour ses pratiques d'affaires et récemment impliquée dans différents cartels car je n'ai pas vraiment le choix. Le secteur en entier joue le même jeu et gère ses crises avec une virtuosité étonnante, grâce à nos amis relationnistes. J'accepte cette situation car je sais que pour moi, l'essence demeure un luxe que j'assume, car je suis privilégié. Plusieurs n'ont cependant pas cette chance et se font extirper à toutes les semaines des sommes éhontées qui grèvent le budget de la famille.  Mais là où ça ne passe pas, absolument pas, c'est quand on me «fourre» en me prenant pour une valise. La poignée qu'on veut m'installer dans le dos, quand on m'informe qu'un sous le litre sera donné à la cause du cancer du sein, relève d'une arrogance innommable. Je SAIS qu'on me baise à 1,40$ du litre, alors de se faire du capital de sympathie sur mon dos, de véhiculer de la publicité en lieu de vente présentant le tout comme une promotion intéressante, équivaut tout simplement à redistribuer de l'argent extorqué pour tenter de se refaire une petite virginité. Du branding de deux de pique.

Certaines sociétés sont tellement pourries qu'elle réussissent parfois à nous arnaquer en nous donnant l'impression que l'on fait une bonne action. L'utilisation des causes sociales devient alors un levier vulgaire et complètement dénaturé. Un peu comme un mafioso qui distribue allègrement des cadeaux à la messe du dimanche. 

mardi 18 octobre 2011

Technopoésie




La poésie récitée n'a jamais eu la cote auprès du grand public québécois. Pas assez viril. Trop de dentelle. Trop artistique. Incompréhensible. Cette allergie collective à la poésie illustre bien ce réflexe généralisé dans certains milieux, qui relève à la fois d'une méconnaissance crasse de la culture, de son association puérile à l'homosexualité, le tout mêlé à de l'anti-intellectualisme primaire. N'empêche, certaines nations plus évoluées apprécient la poésie, allant même jusqu'à élever certains de nos poètes au rang de héros national, comme ce fut le cas de Leonard Cohen en Scandinavie, une région où il vendait à une certaine époque plus d'albums que Michael Jackson. La poésie représente une opportunité totalement unique de livrer des émotions, parfois à fleur de peau. C'est une avenue à explorer en création publicitaire.

Le film publicitaire de Sony présenté en introduction m'a réellement touché. Ce film, du réalisateur Arev Manoukian, est tout simplement une refonte plus concise, à la demande de Sony, de son court-métrage primé intitulé Nuit Blanche. Mais cette fois-ci, son concept «d'hyper-réalité» du moment amoureux, aussi absolu que spontané, est transcendé par l'interprétation de A Thousand Kisses Deep par notre célèbre poète de la rue Saint-Laurent. Ici, la technologie fait autant corps avec la poésie qu'avec le registre unique de la voix de Cohen, ce qui a pour effet d'amplifier l'émotion à un niveau impressionnant. Évidemment, on transpose avec élégance le potentiel de la télé 3D, mais le message commercial demeure au service de l'art, ce qui est rare. Très rare.

La technologie ne gagne jamais à prendre toute la place. Seule, elle demeure froide, stérile, dénuée de sens. Il faut sortir de notre état de fascination technique et réussir à mater la bête. C'est ce qui a été fait pour Sony ici et c'est une piste de création qui devrait être exploitée de manière plus fréquente à l'avenir. Et qui sait, peut-être pourrons-nous un jour sortir collectivement de notre torpeur en ce qui a trait à la poésie, peut-être parce qu'elle nous sera désormais livrée par la technologie.

Plus bas, le film original Nuit Blanche, de même que le poème original de Leonard Cohen. Tout ça est très très beau…



dimanche 16 octobre 2011

Toutes cultures unies



Nous assistons présentement, avec l'émergence fulgurante du mouvement global des «indignés», à un ajustement aussi nécessaire que justifié des valeurs qui dictent le cours de nos sociétés occidentales. La démocratie et le capitalisme ne sont pas remis en question. On conteste plutôt la nature sauvage de l'exercice du capitalisme. On réfute la légitimité de gouvernements qui favorisent une déréglementation aussi amorale que dogmatique, pavant la voie à une exploitation tous azimuts et sans discernement, par une infime minorité, au détriment de la classe moyenne. En clair, une poignée de milliardaires dictent implicitement le rythme de nos vies, en refermant graduellement l'étau autour de nos portefeuilles, avec comme seul objectif la capitalisation sans âme de leurs entreprises. Au prix du progrès social. 

Ces dirigeants d'entreprises, par intérêt, tirent toutes les ficelles disponibles pour faire élire des régimes de droite, de Harper à Berlusconi en passant par le très pittoresque despote qu'est Sarkozy. Des politiciens plus souvent qu'autrement vendus à la doctrine de Milton Friedman (quand ils ne sont pas carrément corrompus), pilier du conservatisme économique américain des cinquante dernières années. Et nous en avons collectivement plein notre casque. Le balancier revient graduellement du bon bord. Et tout ça affectera de manière notable, c'est déjà perceptible, notre façon à nous, publicitaires, d'entrer en contact avec ces «indignés». Mais plus encore, je suis fasciné par la très grande porosité culturelle de ce mouvement qui s'étend de Washington à Rome, en passant par Madrid, New York, Montréal, Paris, Athènes et j'en passe. Un ras-le-bol généralisé qui s'exprime par une alliance historique des générations X et Y de ces sociétés toutes occidentales, mais également très différentes culturellement les unes des autres. On parle enfin d'une seule voix, toutes cultures unies, et c'est pour moi d'une beauté sans nom. L'idéalisme de la justice sociale est enfin fédéré. 

Le superbe film publicitaire animé, montré en introduction, une réalisation du bureau de New York de l'agence Mother, illustre très efficacement les différents contextes culturels de la tournée mondiale de la Red Bull Music Academy et s'oriente exactement dans le registre évoqué précédemment. En plus de véhiculer une esthétique très poussée et des échantillons musicaux relevant de styles aussi hétéroclites que le jazz et le hip hop, ce film démontre un engagement total de la marque à réellement «connecter» avec ses prospects. Cette campagne hybride établit un lien fort entre la musique, l'identité individuelle, les aspirations collectives et l'essence de la marque, le tout motivé, en amont, par une présence tangible sur le terrain lors de différentes manifestations culturelles, de Melbourne à Détroit. C'est ce que j'appelle voir plus loin que son nez. 

Il faudra apprendre ici à teinter nos campagnes de ces valeurs globales comme l'a fait si habilement Red Bull. C'est une autre condition essentielle à la réussite des agences québécoises sur l'échiquier planétaire. Mais comprenez-moi, je ne parle pas ici de dénaturer nos publicités de ce qui nous rend unique, mais bien d'enrichir l'ADN québécois des valeurs sous-jacentes à ce mouvement mondialisé. Avec comme bénéfice éventuel une amplification pertinente de notre présence dans l'univers publicitaire.

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